"Une religion si intimement mêlée aux actes de la vie des plus humbles et si rassurante
qu'elle vêt d'or ses moines et ouvre à qui veut ses monastères..."
Georges GROSLIER - "Retour à l'Argile"

Nous avons  été accueillis plusieurs jours dans une pagode, dans la région de Battambang, où j’ai pu observer la vie des moines, mais aussi l’organisation de la pagode, totalement ouverte sur le monde extérieur.
La pagode est en effet le lieu et le lien central de la collectivité, en l'absence de structures administratives bien définies, où se déroulent les cérémonies non seulement religieuses, mais aussi familiales. Jusqu'en 1975, l'école du village était intégrée à la pagode, puisque celle-ci s'était vu confier l'éducation par les autorités françaises sous le protectorat.  Mais les familles pauvres confient encore volontiers leur enfants à une pagode, dont les moines assureront gite, couvert et éducation. On trouve encore quelques écoles civiles dans l'enceinte de la pagode, comme à Muong Russei, où nous avons été accueillis. La pagode peut également servir de refuge aux nécessiteux, accueille les civils qui décident de consacrer une partie de leur vie à la pagode, héberge des personnes âgées qui souhaitent terminer leur existence dans une vie plus spirituelle.
Mes pérégrinations dans le pays m’ont également révélé que le Bouddhisme, plus qu’une philosophie ou une religion, est un véritable art de vivre pour le cambodgien : alors que des milliers de pagodes s’élèvent dans le paysage, et que les robes orangées des moines illuminent villes et campagnes, les rites sont omniprésents à travers le pays et dans le quotidien des familles, pauvres ou riches.
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