"J'ai toujours aimé le désert. On s’assoit sur une dune de sable. On ne voit rien. On n’entend rien.
Et cependant quelque chose rayonne en silence."
Antoine de Saint-Exupéry -  "Le Petit Prince"
trek dans le Sahara
C'est à l'automne 1996 que nous avons fait notre rencontre avec le désert.
Comme la montagne, l'océan ou l'espace, il est un de ces lieux qui permettent à l'homme de réaliser de grandes aventures, même encore de nos jours; les 300 kilomètres de l'erg du Mourzout, dans le sud de la Lybie, ne furent parcourus dans leur intégralité qu'à la toute fin du siècle dernier, par une expédition menée par Jean-Louis Bernezat.
Beaucoup plus modestement, notre périple saharien s'est déroulé dans le grand sud marocain, aux confins de l'Algérie.
L'oasis de Tagounit, à 400 kilomètres au sud de Marrakech, est le terminus d'une route vaguement carrossable qui longe la vallée du Drâa depuis Ouarzazate. C'est là que nous rejoignons nos chameliers, compagnons de route pour 11 jours de marche en totale autonomie à travers reg et ergs.
Nous traversons tout d'abord le Djebel Bani, moyenne montagne marquant la frontière nord du Sahara, qui fusionne ici avec l'Atlas marocain.
Ce paysage aride et chaotique, semé de cailloux à perte de vue, nous rappelle que le désert n'est pas que dunes et sable : le reg, ou désert de pierres, représente d'ailleurs plus de la moitié de la surface du Sahara.
Oueds asséchés, plateaux aux hauteurs arrondies zébrées par la lumière orangée du soleil couchant, canyons aux gorges profondes garnies d'insolites stalactites seront notre quotidien pendant la première moitié du trek.
Après avoir franchit le col Faïja et contourné l'Afredou Nouzaref, point culminant de la région à 1200 mètres d'altitude, c'est par une longue journée de marche dans un paysage monotone que nous atteignons les premières dunes qui se dressent devant nous, tel un mur de sable de plusieurs centaines de mètres de hauteur.
Le paysage change, l'atmosphère aussi. Aux paysages tourmentés du reg succèdent des formes arrondies, allusivement humaines, parfois rompues par une crête ciselée par le vent, qui invitent à la contemplation. Même le silence n'est plus pareil, puisque nous n'entendons même plus nos pas arpentant le sol. Pendant ces quelques jours passés au milieu des sables, nous traverserons les ergs Ebidhya, Mhazil, Smar, Hadibat qui entourent la dépression de l'Iriki, et qui nous révèleront une part de l'infinie diversité du désert, par des couleurs changeantes au gré de l'heure ou du lieu, par l'immensité des dunes qui se ressemblent toutes, sans pour autant se confondre.

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