La Champagne est ma région. J’y suis né et j’y habite.
Même si mon esprit n’est pas toujours aussi disponible pour la photo que lorsque je suis en voyage, il m’arrive pourtant bien souvent de m’y promener, avec mon boitier en bandoulière.
Les paysages rencontrés dans cette région de plaines n’ont rien d’extraordinaires : aucune chaine de montagne, aucun front de mer ne vient égayer l’horizon.
Ces paysages, qui me sont familiers, se révèlent pourtant porteurs de tant de sensations et de richesses, pour qui sait les regarder attentivement. Façonnés par les activités humaines, les couleurs et les contrastes provoqués par les aléas climatiques ou saisonniers de la nature, ils peuvent se révéler tout aussi surprenants et singuliers que d’autres, à première vue plus spectaculaires ou pittoresques : « ces paysages ordinaires ne peuvent s'appréhender de la même manière ni selon le même mode de gestion que les paysages remarquables. Imprégnés de dimensions psychologiques, socioculturelles et affectives qui se conjuguent avec l'épaisseur signifiante des lieux, ces paysages - tout aussi banals qu'ils puissent paraître - sont en effet porteurs de sens et de valeurs pour ceux qui les vivent au quotidien » (Eva Bigando, géographe, article « le paysage ordinaire, porteur d’une identité habitante » - 2008).
Mais ce n’est pas le relief qui fait la photographie : c’est, comme l’étymologie de cette dernière l’indique, la lumière !
C’est cette lumière que je traque pour révéler les émotions qui peuvent surgir de ces paysages. Ils sont pour nous, champenois, si quotidiens et si familiers, que, parfois – souvent ? – nous les traversons sans les voir.
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